Peur du noir

La lumière diffusée par l’ampoule de ma chambre est jaune. Jaune et brillante comme un soleil. Est-ce là encore un symbole de notre arrogance ? De nous sentir si petits face au soleil et aux arbres, nous avons découvert l’électricité et inventer le ciment pour édifier d’immenses immeubles éclairés de toute part. Des tentatives un peu pathétiques. Pathétiques mais durables… trop durables. Nos blocs de ciment perdureront des milliers d’années. Les pyramides ont-elles été érigées avec la même intention ? Compenser notre petitesse ? Nous rassurer ? Faire face au noir de l’univers ?

L’humain a peur du noir. Il a toujours eu peur du noir. Il s’est réfugié dans des grottes, sous la terre, il a bâti des murs et des toits. Aujourd’hui, il construit des gratte-ciels et plante des lampadaires. Il chasse la nuit.

Un jour où l’autre, il faudra pourtant bien qu’il l’affronte, qu’il éteigne ses lampes, qu’il ouvre ses portes, qu’il enlève ses chaussures et qu’il parte dans la forêt pour y passer une nuit ou deux. Qu’il expérimente, sans toit au-dessus de la tête, sans couette pour se blottir, la totalité du noir, l’obscurité complète d’une nuit sans lune.

Au petit matin, quand il se réveillera, s’il a réussi à fermer l’œil de la nuit, l’aube jaillira comme un nouveau printemps. Et l’humain, ayant retrouvé ses pleins pouvoirs, pourra sereinement attendre la nuit prochaine.

J’ai faim

J’ai faim. Faim de quoi ? De nourriture ? Ou est-ce une angoisse qui se révèle par le biais de mon estomac ? Est-ce vraiment mon corps, mes organes, mon estomac qui réclament un peu de glucides et de lipides ? Ou mon esprit qui cherche à s’occuper d’une manière ou d’une autre pour éviter le vide qui lui fait face. Un vide sidéral et éternel.

Ne l’avais-je pas vu auparavant ?

La vie est un vide, l’univers est un vide, tout est néant devant moi. Tout est à faire, tout à bâtir, à coups d’imaginaires et de pensées, d’intentions et de volitions.
Rien n’existe au-delà de cet instant et ce n’est pas en mangeant un morceau de pain ou une pomme que j’y changerai quelque chose. Le néant est là, à portée de main, au bout de mes doigts.
Il m’effraie, il est générateur d’angoisses, d’incertitudes… il est aussi créateur de possibles.
C’est grâce à ce néant que l’avenir existe, grâce à ce vide que la matière et la pensée peuvent se rencontrer et donner lieu à une création.

Allez, j’arrête de me gaver. J’appréhende le vide, je l’apprivoise. Il est en moi lui aussi, chacun de mes atomes est constitué avant tout de rien pour que les protons, les neutrons et les électrons puissent danser jusqu’à l’infini. Le vide est en moi, le vide est en dehors de moi, le vide est tout autour de moi. Je ne dois pas avoir peur, le vide est condition de vie.

Les Étoiles en version numérique

Les étoiles qui meurent dans le ciel aurait dû paraître la semaine dernière en librairie… les ÉDITIONS COURTES ET LONGUES ont décidé de repousser sa sortie en format papier. La date n’est pas encore connue.

Ce n’est pas la meilleure nouvelle, mais la situation est assez dramatique pour beaucoup de gens de part le monde, et je ne peux pas vraiment me plaindre ! Le rêve reste en cours, j’ai pris confiance en moi, dans mon écriture, dans ma capacité à raconter des histoires.

En attendant la sortie du livre au format papier, pour ceux et celles qui le souhaitent, vous pouvez voius le procurer en version numérique à cette adresse : https://vitrine.edenlivres.fr/resources/9782352902416

Merci pour votre soutien !

Confinement… confiner… confins

Confinement pour tou.te.s !
L’invitation donne envie de se révolter… et pourtant, si nous arrivons à faire abstraction de ceux et celles qui l’imposent, peut-être pourrons-nous voir au-delà des apparences.
Confinement vient du verbe confiner, verbe neutre, dont la première définition du Littré donne : Toucher aux confins, aux limites.
Poussons un peu la réflexion. La mesure de confinement est-elle adressée à l’humanité toute entière ? Un avertissement : nous touchons aux confins de ce qu’il nous est permis de faire sur cette terre ? Ou peut-être faut-il prendre le message plus personnellement. Le confinement est une invitation à toucher aux confins de soi. À nos propres limites.
Les paroles des sages se sont répétées au fil des siècles : connais-toi toi-même, la vérité est en toi, tout l’univers est dans chacune de tes cellules… peut-être est-il temps d’accepter l’invitation ? Peu importe si elle provient d’un gouvernement dont les méthodes sont douteuses. L’invitation est universelle, c’est juste un rappel. Un appel à fermer les yeux, à sonder nos profondeurs, à toucher du doigt les confins de notre être.

Malgré nos cœurs fragiles

Les peurs se mélangent aux espoirs, le futur prend la place du présent et on oublie le chant des oiseaux, le croassement des grenouilles et toutes ces plantes qui poussent en silence. On oublie le printemps.
Il faut alors fermer les yeux, éteindre les appareils, éloigner les écrans et se poser sur un banc au soleil pour se rappeler de l’essentiel : ce qui se passe ici et maintenant.
Ce petit monde où rien ne semble exister d’autre que la vie qui court à chaque instant, imperturbable, inévitable, indéfiniment.
Nous ne sommes que des véhicules. Mammifères, batraciens, insectes et bactéries, humains et virus, nous ne sommes que des moyens de transport pour que la vie continue.

Pour que la vie continue, malgré nos cœurs fragiles.

Et puis ça revient, encore et encore, l’esprit fait des siennes, les images se bousculent et amènent la migraine,
Les mots se confondent et la panique s’immisce dans nos cellules, chassant de son souffle court le bonheur de l’instant présent.
La peur s’installe, paralyse les membres et conditionne les connexions électriques à l’intérieur du cerveau qui ressent l’urgence dans chacune de ses molécules.
Mais quelle urgence? Quelle urgence?
La prochaine seconde tiendra la même distance que la précédente, les minutes s’égrènent avec la même rapidité, la même aisance,
Rien n’arrêtera le temps qui trotte, imperturbable inévitable, indéfiniment.
Emportant dans son sillon tous les atomes de l’univers pour que la vie continue.

Pour que la vie continue, malgré nos cœurs fragiles.

Et ça repart, encore et encore, l’angoisse est là, tenace, vivace, qui fait sa place à la surface et nous confine dans une impasse.
Elle s’étale et contamine chaque recoin de notre cervelle, de nos pensées, de nos envies et de nos rêves.
Le corps s’affaisse et ne bouge plus, se confine et se ratatine, le sang stagne dans nos veines et se fige,
L’espace d’un court instant, le temps que tu fermes les yeux ou que tu ouvres la fenêtre, que tu sentes le toucher de l’air contre tes narines ou que tu regardes les doux nuages glisser dans le ciel,
Que tu écoutes le chant des oiseaux qui célèbrent un silence retrouvé en ce début de printemps. Inévitable, imperturbable, indéfiniment.
Car la vie continue.

Car la vie continue, malgré nos cœurs fragiles.

Vipassana

Je pars ce matin pour Vipassana, dix jours de silence, de médiation, sans livres, sans internet, sans écrire et sans parler. Dix jours d’introspection totale, et tout ça, dans l’économie du don des centres Vipassana de Goenka (http://dhamma.org/)

J’en profite donc pour vous inviter à y jeter un oeil… qui sait, cela vous tentera peut-être ! Personnellement, je crois que je n’aurais jamais réussi à réaliser mon rêve et devenir écrivain si je n’avais pas découvert Vipassana il y a 9 ans.

La méditation m’a apporté de la discipline, de la paix et m’a permis de faire des choix pour me concentrer sur l’essentiel.

Gratitude.

Lire pour savoir écrire…

Le père Goriot de Balzac. Je l’avais lu, ou peut-être juste parcouru, je ne me souviens plus, comme nombre d’entre vous sûrement. C’était au lycée et à cette époque, je rêvais déjà d’être écrivain. Je n’avais en revanche pas encore compris que pour écrire, il faut d’abord lire. Je me souviens de l’avoir trouvé plutôt ennuyant…

Je l’ai relu la semaine dernière et ce roman m’a enchanté ! Certes, il a pris un petit coup de vieux et il faut pouvoir fermer les yeux sur le misogynisme de l’auteur pour s’impreigner de l’essentiel de son texte. C’est un portrait d’une époque, et comme tout portrait, on peut s’enrichir aussi bien de ses défauts que de ses qualités. Il m’a transporté en tout cas et m’a donné envie de relire tous les classiques qui m’avaient rebuté lorsque j’étais adolescent.

Quelques extraits pour vous donner envie de (re)plonger dans le monde ce Balzac :

«Mais Paris est un véritable océan. Jetez-y la sonde, vous n’en connaîtrez jamais la profondeur. Parcourez-le, décrivez-le ? Quelque soin que vous mettiez à le parcourir, à le décrire, quelque nombreux et intéressés que soient les explorateurs de cette mer, il s’y rencontrera toujours un lieu vierge, un autre inconnu, des fleurs, des perles, des monstres, quelque chose d’inouï, oublié par les plongeurs littéraires. La maison Vauquer est une de ces monstruosités curieuses.»

«Si le cœur humain trouve des repos en montant les hauteurs de l’affection, il s’arrête rarement sur la pente rapide des sentiments haineux.»

«Un homme qui se vante de ne jamais changer d’opinion est un homme qui se charge d’aller toujours en ligne droite, un niais qui croit à l’infaillibilité. Il y a pas de principe, il n’y a que des circonstances.»

Les étoile qui meurent dans le ciel

Ça y est ! La période des relectures et des réécritures est terminée ! Jacques, Tom, Monsieur Troupont, Mikhatsova et les autres personnages de ce roman sont quasiment prêts pour vous embarquer dans leurs aventures !

Sortie dans les libraires le 20 mars 2020 !

Gratitude à tous ceux et toutes celles qui m’ont soutenu pendant toutes ces années, qui ont cru en moi, qui m’ont permi de poursuivre ma passion.

Deuxième roman, un peu plus long cette fois-ci (66 000 mots, 220 pages), un peu moins innocent, toujours aussi imparfait, mais encore une fois bourré de bonnes intentions, d’espoir et de destins entremêlés. C’est l’histoire d’une jeune homme qui, suite à quelques péripéties plus ou moins souhaitables, se retrouve perché dans un arbre pour protester contre la construction d’un parc de loisir.

Ce livre est encore en chemin, je l’enverrai aux maisons d’éditions dans le courant de cette année 2020.

Synopsis :

William est perché dans une cabane en palettes à 14 mètres au-dessus du sol pour protester contre la construction d’un parc de loisirs. Comment en est-il arrivé là ? Tout semble avoir commencé avec l’irruption matinale de quatre bovidés dans son jardin. Un incident plus burlesque qu’autre chose, mais qui laissera des traces. William ne sent pas venir le burn-out et c’est sans se poser trop de questions qu’un beau jour il quitte son boulot et se met en tête d’aller libérer les vaches du champ voisin. Cet acte héroïque et vain le propulse dans un CIEL, un Centre Institutionnel d’Encadrement Libre où il fait la rencontre d’Émilie, une burnoutée chronique. Il en sort quelques jours plus tard, se fait licencier pour faute grave et se retrouve à ramasser des déchets dans un parc de la ville de Lyon. Par un heureux hasard, il y recroise Émilie et fait la connaissance de son groupe d’amis, des activistes chevronnés qui ont décidé d’aller squatter les arbres du bois de Balmont pour empêcher la construction d’un parc de loisirs. Guidé par une force qu’il peine à comprendre, William décide de se joindre à eux. Après une quinzaine de jours de squattage intensif, les travaux sont officiellement suspendus, mais William ne s’en contente pas. Malgré le manque de nourriture, le froid et les difficultés hygiéniques, il aime la vie là-haut et n’a plus aucune envie de redescendre sur terre.