Pas mal d’incertitudes tout autour de nous. Mais à bien y regarder, l’incertitude a toujours été là. On n’a jamais vraiment su ce qui se passerait demain. On pouvait tenter de le prévoir en organisant des événements, des voyages, des rendez-vous, tout en sachant qu’il y aurait immanquablement des contre-temps. Mais nous pouvions planifier notre avenir. Le confinement nous a ôté cette possibilité, cette sécurité. Avec tous les plans qui se sont annulés, nous sommes frileux à l’idée d’en faire d’autres. Nous attendons un peu, le 11 mai, ou une annonce du gouvernement, pour organiser les vacances, tel événement. Pendant ce temps, l’avenir reste plus incertain que jamais. Un gouffre béant qui fait peur. Qui peut faire peur.
L’incertitude est souvent perçue comme quelque chose de négatif. Ne pas savoir, c’est douter. Douter, c’est se mettre dans une position vulnérable. C’est perdre la sensation de contrôle à laquelle nous tenons tant. Le dictionnaire des synonymes donne quelques pistes sur ce que le mot «incertitude» peut vouloir dire pour la plupart d’entre nous : doute, hésitation, anxiété, fragilité, désarroi, crise, confusion, faiblesse.
Mais il existe d’autres synonymes : mystère, chance, changement, vague, fortune.
L’incertitude est aussi une promesse d’exploration, de découverte, d’apprentissage. Un avenir incertain peut aussi bien être une opportunité pour cesser de planifier et s’ouvrir aux mystères de l’inconnu. Il peut être un tremplin pour aller au-delà de ce que nous connaissons. Il ouvre sur un univers de possibles.
Au final, l’incertitude est condition de liberté.









